Le positionnement de la Durance à l’interface entre la zone biogéographique méditerranéenne et alpine et son régime de crue et de transport sédimentaire sont à l’origine de l’existence et du maintien de toute une mosaïque d’habitats naturels.
Ces milieux sont pour la grande majorité d’entre eux caractérisés en tant que zones humides, qu’ils s’agissent des bancs de limons fraîchement déposés par les crues, de prairies humides ou encore de saulaies et peupleraies pionnières évoluant graduellement vers des stades plus matures de ripisylves. Le bassin versant Durance abrite prêt de 40% des zones humides régionales (SIT zones humides) et porte une responsabilité importante en termes de conservation de ces milieux dont la surface a régressé au total de plus de moitié au cours des siècles derniers, dont près de 35% entre 1970 et 2015.
La Durance et ses affluents abritent encore d’importantes surface de plusieurs habitats à enjeu majeur de conservation à l’échelle de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur :
Le lit vif de la Durance présente également une grande diversité d’habitats aquatiques tel que des des zones de faible profondeur à fort courant (radiers) qui sont le lieu de reproduction privilégié de l’Apron du Rhône, des zones plus profondes et plus calmes (mouilles) servant au repos de nombreuses espèces. Le lit principal est également bordé d’annexes fluviales (lônes) véritables nurseries pour les poissons carnassiers comme le brochet et les larves aquatiques de macro invertébrés tel que les odonates et les éphémères. Enfin, la zone de substrat gorgée d’eau (aussi appelée zone hyporhéique) représente également un habitat a part entière servant de refuge pour les espèces aquatiques.
Une autre particularité de la Durance est de présenter des typologies d’habitats liés à l’exploitation et aux modifications passées du cours d’eau (endiguement, extraction de granulat, irrigation gravitaire, etc.). Parmi les principaux reliquats de cette exploitation on trouve de nombreuses lônes déconnectées de la Durance, support d’une biodiversité riche et typique des zones humides ainsi que tout un chapelet de plan d’eau qui jalonnent les berges de la Durance et abritent d’importantes surfaces de roselières et de prairies humides, véritables refuges pour de nombreuses de nombreuses espèces à fort enjeu de conservation. ON trouve également dans ces zones abritées un multitude d’habitats inféodés aux prairies humides : cladaies, cariçaies ou encore jonchaise.
De rares herbiers aquatiques , composés de potamots, myriophylles ou encore d’utriculaires australes se développent dans les eaux calmes des anciennes gravières et des lônes de la Durance.
Cette multitude d’habitats naturels et semi naturels interconnectés entre eux sont le support d’une biodiversité riche et patrimoniale qui dépend étroitement de leur conservation. En plus du rôle de support de biodiversité, ces milieux ont une fonction de corridor écologique majeur permettant aux espèces de se déplacer, migrer et trouver refuges dans des habitats propices à leur survie notamment en période de sécheresse.