Le bassin de la Durance fournit chaque année entre 3 et 6 milliards de m3. Les nombreux aménagements hydrauliques initiés dès le moyen-âge, ont été considérablement développés à la mi-temps du 20ème siècle avec le système Durance-Verdon, conçu pour assurer de manière pérenne et sécurisée l’irrigation des terres agricoles, répondre à la demande d’électricité du pays et apporter aux habitants de la région de l’eau potable de qualité. Les enjeux de biodiversité et le développement de l’économie touristique ont ensuite émergé au cœur des préoccupations de la gestion de la ressource en eau.
Entre 250 et 300 millions de m3 d’eau durancienne sont mobilisés chaque année pour alimenter 3,7 millions d’habitants en eau potable, des Alpes jusqu’au littoral. 700 000 personnes vivent sur le bassin de la Durance, mais la grande majorité des habitants sont alimentés par les transferts d’eau largement au-delà, dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse principalement par le canal métropolitain (canal de Marseille) et par le canal de la concession régionale du canal de Provence.
À l’aval d’un ouvrage hydraulique (barrage, seuil, prise d’eau…) un débit minimal est garanti pour maintenir la vie aquatique et l’écosystème des rivières. Il s’agit du débit réservé. Pour les ouvrages de la Durance contribuant à la production d’hydroélectricité le débit réservé est ajusté au vingtième du débit moyen annuel. Certains débits réservés de la Durance, du Verdon et du Buëch sont également saisonnalisés pour s’accorder au mieux aux besoins humains et à veux des milieux.
Ce sont ainsi environ 225 millions de m3 qui sont réservés chaque année pour préserver la biodiversité aquatique.
Dans notre région au climat méditerranéen, une part essentielle de la production et de l’emploi agricole de la région dépend de l’irrigation.
Celle-ci utilise en moyenne 1,5 milliards de m3 d’eau annuellement. Cette ressource est en grande partie stockée dans les grandes retenues de la Durance et du Verdon et transportée par le dense réseau hydraulique régional, permettant l’irrigation de 110 000 hectares de terres agricoles
Une industrie régionale à forte valeur ajoutée (pétrochimie, microélectronique, nucléaire…) utilise environ 150 millions de m3 d’eau chaque année.
Si ces prélèvements sont relativement faibles au regard de la ressource fournie par le bassin de la Durance, l’industrie constitue l’usage le plus important en termes de retombées économiques, d’emplois et de création de valeur.
Les principales zones industrielles alimentées par la Durance ou le Verdon se trouvent autour de l’étang de Berre (raffinage et pétrochimie), ainsi que dans la vallée de moyenne Durance à Château-Arnoux et Sisteron (chimie), et Cadarache (nucléaire). Citons également la microélectronique dans le pays d’Aix, ainsi que l’agroalimentaire ou la métallurgie.
Le canal usinier géré par EDF transporte l’eau pour l’ensemble des usages. Grâce à ses 23 centrales hydroélectriques, la chaine Durance-Verdon permet de produire 35 % de l’énergie de la région Sud. Avec une puissance de 2 GW, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires, cet aménagement constitue l’un des plus importants gisements d’énergie renouvelable de France qui présente l’intérêt majeur d’être mobilisable très rapidement et ainsi répondre aux besoins de pointe.
Baignade, pêche, loisirs nautiques… les rivières et lacs du bassin de la Durance attirent de nombreux pratiquants et ses activités représentent un poids économique considérable. Citons le lac de Serre-Ponçon, initialement conçu pour stocker l’eau, est devenu un pôle touristique majeur des Hautes-Alpes avec ses 90 km de rives, 10 ports, 15 bases nautiques et 9 plages aménagées et surveillées en été.