La RESSOURCE EN EAU DANS LA REGION S’AFFAIBLIT, LE SMAVD REAGIT

Le changement climatique fait présager des difficultés à venir pour répondre à tous nos besoins en eau. Le SMAVD se dote de moyens pour mieux connaître la ressource durancienne, très précieuse pour une grande partie de la région Sud.

Les pratiques actuelles d’utilisation de l’eau sont-elles possibles dans un climat à +2 °C ? Comment garantir un accès à la ressource en eau pour les différents besoins lorsqu’elle se fait rare ? Comment s’assurer que les écosystèmes aient suffisamment d’eau pour se maintenir ?

Fin février 2022, le GIEC identifie dans sa dernière publication quatre risques majeurs dus au changement climatique pour l’Europe. Deux sont directement liés à la ressource en eau : la perte de cultures agricoles due aux sécheresses et les pénuries d’eau qui interviennent sur les territoires où la consommation devient supérieure à la ressource.

Barrage de Serre-Ponçon dans les Hautes-Alpes.

L’eau durancienne alimente actuellement 3 millions d’habitants en eau potable. Les territoires desservis par la Durance et ses affluents produisent 100 milliards d’euros de valeur ajoutée et comptent environ 1 million de salariés. En cas de diminution de la ressource, près de 10 % de cette activité est directement menacée, notamment dans l’agriculture, la production hydroélectrique et certains secteurs industriels.

Mieux connaître l’hydrologie, c’est pouvoir anticiper les tensions futures sur la ressource en eau et assurer le maintien d’un équilibre entre ce que l’on a besoin de prendre à la rivière, et ce qu’on doit laisser pour la vie aquatique et la biodiversité.

Le SMAVD dans le concret

Deux fois par an, la quantité d’eau qui passe dans la rivière est mesurée sur une vingtaine de points entre le barrage de Serre-Ponçon et le Rhône, couvrant environ 200 km de rivière. Pour ce travail, le SMAVD s’est doté en 2017 d’un ADCP, qui correspond à la toute dernière technologie disponible. Directement sur le terrain, l’ADCP mesure la vitesse de l’eau et la profondeur d’une section traversant la rivière pour en déduire le débit.

Mesures de débits par ADCP, à Orgon dans les Bouches-du-Rhône.

Ces mesures sont effectuées en été et en hiver lorsque les débits sont les plus faibles. Peu influencées par les précipitations, elles permettent de faire un bilan de différentes interactions notamment entre la rivière, les eaux souterraines et les usages, comme l’irrigation des cultures.

Le SMAVD a mis en place des suivis pour mieux connaître l’évolution de la ressource en eau au cours d’une année, mais aussi les tendances sur plusieurs années. Ils sont partagés avec les acteurs du territoire (élus, techniciens, riverains) via un bulletin hydrologique publié deux fois par an, en fin d’été et fin d’hiver. Et l’hiver, le suivi mensuel de l’enneigement permet d’anticiper la quantité d’eau disponible en été.

Plus largement, un outil de modélisation du bassin versant de la Durance est développé au SMAVD. Il permettra de tester différents scénarios d’évolution des usages de l’eau, tenant compte des évolutions climatiques futures : évolution des pratiques d’irrigation, modification de la gestion des barrages, évolution démographique… Les résultats apporteront des informations essentielles pour éclairer les débats entre les différents acteurs du territoire.

Enfin, avec la constitution d’une commission locale de l’eau – une forme de « parlement de l’eau » à l’échelle du bassin de la Durance rassemblant élus locaux, institutions et usagers – le SMAVD espère aboutir à des solutions pertinentes et solidaires d’adaptation au changement climatique sur le territoire.

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