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Les volets du Contrat de Rivière

Volet A : Amélioration de la qualité des eaux

Le travail d’inventaire a montré la nécessité d’une hiérarchisation des projets d’assainissement des eaux usées portés par les collectivités locales.

[1]La définition des priorités d’intervention a été établie en référence aux objectifs de bon état (ou de bon potentiel) fixés dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau.

Enfin, des actions spécifiques sur les pollutions industrielles étaient prévues, notamment sur le site industriel ARKEMA à Château-Arnoux.

Volet B0 : Gestion du milieu physique

Le diagnostic du fonctionnement de la Durance avait montré que la gestion de la dynamique fluviale et du transit sédimentaire devait être au cœur de la politique de restauration de la Durance.

Les évolutions morphologiques futures, et notamment la mobilité qu’il est possible de rétablir, déterminent la nature et la qualité des milieux humides et des milieux aquatiques de la Durance : dans une perspective durable, une gestion du patrimoine écologique qui ne serait pas cohérente avec la dynamique fluviale actuelle serait vouée à l’échec.

Parallèlement, ces évolutions morphologiques sont tout aussi déterminantes pour la maîtrise des crues : une mobilité insuffisante, un enlimonnement du lit peut réduire à néant les travaux de protection qui sont engagés.

[2]Les actions, souvent novatrices, destinées à mieux gérer le transit sédimentaire et la mobilité du lit, ont donc constitué le socle des volets B1 (gestion des milieux) et B2 (gestion des crues).

Entre l’Escale et Avignon, une stratégie de restauration du transit sédimentaire a été définie. Une recharge sédimentaire par érosions de terrasses latérales accompagne ce rétablissement du transit. La restauration du transit sédimentaire doit ainsi permettre l’élargissement de l’espace de mobilité, nécessaire à la fois pour accroître la diversité des milieux naturels et pour augmenter la capacité d’écoulement des crues.

Entre Serre-Ponçon et l’Escale, le rétablissement du transit des graviers n’est pas possible. Un entretien des confluents à l’amont de l’Escale est donc inévitable. La faiblesse des débits actifs en Durance favorise l’enlimonnement du lit, des retenues et des marges alluviales.  Des lâchers de débits de nettoyage du lit ont été imaginés à l’aval des barrages d’Espinasses et de La Saulce.

Volet B1 : Actions de restauration et de gestion des milieux naturels

Encore une fois, la qualité des milieux naturels de la Durance est en relation directe avec le fonctionnement morphologique du lit et de l’espace alluvial.

Le premier levier d’action envisagé était donc la restauration d’une dynamique fluviale plus équilibrée, devant assurer un « auto-entretien » des milieux duranciens. Ces actions font l’objet du volet B0 (cf. ci-dessus).

[3]La gestion proprement dite des milieux naturels devait se réaliser en lien avec la mise en œuvre de Natura 2000.

Des actions plus ciblées ont également été mises en oeuvre sur certaines thématiques : préservation de l’apron et de la cistude d’Europe, réhabilitation d’anciens sites d’extraction, actions de lutte contre les espèces invasives.

De nouvelles modalités d’essartement du lit et gestion de la végétation du lit et des berges ont également été définies et mises en oeuvre.

Prévues dans le volet B0, les lâchers réalisés aux barrages d’Espinasses et de la Saulce avaient pour objectif un nettoyage du lit pour limiter le développement algal et décolmater, au moins partiellement, les substrats pour améliorer la qualité des habitats aquatiques.

La Durance étant reconnue comme axe de migration majeur pour certains poissons, plusieurs obstacles importants devaient être équipés pour le franchissement piscicole.

Volet B2 : Actions pour la gestion des crues

Un programme ambitieux de restructuration et de sécurisation des systèmes de protection actuellement complexes et peu fiables a été engagé. Il s’agissait de réduire le linéaire d’ouvrages de protection (on compte souvent 3 à 4 km de digues, épis et levées diverses pour 1 km de rivière) en choisissant une ligne de protection qui serait renforcée.

Pour l’ensemble de la Durance, un débit de protection a été fixé en fonction du type d’occupation de l’espace protégé :

Les autres ouvrages sont abandonnés, et souvent arasés ou du moins abaissés.

[4]Il est important de relever ici aussi que la protection contre les inondations s’appuie fortement sur plusieurs actions qui relèvent de la gestion de la dynamique fluviale (volet B0).

L’entretien des confluents à l’amont de l’Escale devait permettre de maîtriser les risques de débordement. Le rétablissement du transit sédimentaire et l’élargissement du lit ainsi que la lutte contre les dépôts de limons devant contribuer à un meilleur écoulement des crues.

Des procédures d’inspection et d’entretien étaient déjà à l’œuvre, et devaient être systématisées au fur et à mesure de la restauration des ouvrages de protection.

Des plans de gestion des ouvrages en crue ont été être élaborés en lien avec les communes.

Les mesures de prévention des inondations retenues dans le contrat de rivière reposent sur le principe de non aggravation des débits par les aménagements réalisés, sur une amélioration du réseau de mesure, et sur la mise en place de Plan Communaux de Sauvegarde.

Volet B3 : Actions sur la ressource en eau

La gestion de la ressource en eau est un enjeu majeur sur la Durance, qui constitue le véritable château d’eau de la Provence. A noter que le cadre de gestion dépassait largement le périmètre du contrat de rivière.

En effet il s’étend depuis l’amont de la retenue de Serre-Ponçon et la vallée du Verdon jusqu’aux canaux de Basse Durance et de Provence, à l’étang de Berre et aux agglomérations alimentées par la Durance (Marseille au premier chef). Il couvre ainsi l’essentiel de 5 des 6 départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

[5]L’ambition du contrat de rivière était de créer une dynamique des acteurs propice à une réflexion constructive sur un nouveau « partage de l’eau ».

La mobilisation des acteurs autour des enjeux de restauration des milieux duranciens, au cœur de la présente démarche de contrat de rivière, a permis, au travers de la mise en place et de l’animation du Comité de Rivière, de créer la confiance indispensable pour avancer sur la réflexion globale sur les usages de l’eau.

Une étude des usages de la ressource en eau du système Durance-Verdon a du reste été lancée.

Après avoir été l’objet de toutes les attentions lors de l’aménagement hydroélectrique, la nappe alluviale n’est plus aujourd’hui suivie précisément, bien qu’elle représente un enjeu régional stratégique pour la ressource en eau.

Il était nécessaire avant le démarrage du Contrat de Rivière de définir les enjeux de gestion de la nappe alluviale et de préciser son état actuel.

Des solutions aux problèmes spécifiques de la nappe de Moyenne Durance (aval St Auban) devaient enfin être recherchées.

 

Volet C : animation, éducation à l’environnement, suivis, usages

La clé de voûte du suivi des actions du contrat de rivière est la mise en place d’un Observatoire de la Durance.

[6]Il s’agissait d’assurer un suivi de l’état physique et biologique de la rivière en lien avec la DCE et Natura 2000.

L’éducation à l’environnement était un objectif du Contrat de Rivière avec des appels à projets qui devaient être lancés auprès de structures spécialisées, pour organiser des actions d’animation auprès du grand public, des milieux scolaires, etc.

Par ailleurs, des aménagements d’accès, de sentiers, d’aires de pique-nique, etc. avaient été projetés pour favoriser une meilleure perception de la Durance par les riverains.