Assainissement des eaux usées

Pendant le Contrat de rivière, 28 communes ont réalisé des travaux sur leurs systèmes d’assainissement collectif, dont une vingtaine a amélioré le fonctionnement de leurs stations d’épuration pour un total de 145 000 EH (Equivant-Habitants). Cela correspond sur la Basse et Moyenne Durance à un taux réalisation en nombre d’EH de 94% !

Il est également intéressant de noter que ces investissements sur les systèmes d’assainissement collectif sont régulièrement répartis sur l’ensemble du périmètre du Contrat de Rivière et apportent un bénéfice qualitatif à toute la Moyenne et Basse Durance en aval du Lac de Serre-Ponçon.

Gestion de la Confluence Buech-Durance

Un important plan de gestion des sédiments dans le secteur de confluence Buech-Durance a été mis en œuvre avec en particulier :

  • sur le Buech, un curage initial de remise à niveau et de constitution d’un piège à graviers réalisé entre 2010 et 2011
  • au niveau de la confluence, en amont du pont de la Beaume, un curage de mise à niveau réalisé en 2011
  • sur la branche Durance, en amont de la confluence, le recalibrage du lit a été réalisé en 2012 au droit du quartier des Coudoulets pour retrouver une capacité d’écoulement proche de ce qu’elle était avant la réalisation des aménagements EDF
  • la gestion de la chaîne hydroélectrique a été modifiée pour favoriser l’auto-curage de la queue de retenue : transparences en crue conjuguée à la réalisation d’opérations de débits de nettoyage Enfin, le barrage de St Lazare est dorénavant totalement effacé pour les crues dépassant 500 m3/s afin d’éviter des dépôts de limons trop importants dans la retenue et pour évacuer les matériaux graveleux déposés an aval du pont de la Beaume

Plus de 8 M€HT ont été dépensés pour cette action depuis 2008.

Elargissement de l’espace de mobilité entre l’Escale et Avignon

La transparence du barrage de Cadarache a été mise en œuvre sur plusieurs crues qui s’y prêtaient dont celles de 2011, 2014 et 2016 permettant ainsi d’augmenter les capacités de transport solide et de permettre aux graviers venant de la Moyenne Durance de migrer vers la Basse Durance, très déficitaire, via le barrage sans y être bloqués.

En parallèle, des études sont actuellement en cours en vue de déblayer une partie des terrasses alluviales de la Durance et à en déposer les graviers sur des bancs afin d’être repris lors d’épisodes de crue par la Durance. Ces études permettront d’en déterminer les modalités techniques et administratives.

Expérimentation de débits de nettoyage du lit à l’aval d’Espinasses et de La Saulce

Cette action devait constituer à la base une phase d’expérimentation s’étalant de 2009 à 2014 avant la mise en œuvre pérenne des lâchers après 2014.

Au final, 5 lâchers ont été effectués à La Saulce (tous à 60 m3/s, 1 en 2009, 2 en 2010, 1 en 2012 et 1 en 2013) et 2 à Espinasses (1 en 2012 de 40 m3/s et 1 en 2013 de 30 m3/s).

Ces lâchers ont duré une dizaine d’heures à chaque fois et ont fait l’objet de suivis systématiques réalisés dans le cadre de l’observatoire. Depuis 2014, ces lâchers sont réalisés par EDF et leurs effets suivis dans le cadre de la mise en œuvre d’un nouveau cycle de débits réservés.

Reconstruction des « 3 Lacs » de Rochebrune-Piégut

Il était prévu initialement un confortement de cette digue pour éviter qu’elle ne rompe en crue, ce qui s’est produit en juin 2008.

On est donc passé en cours de contrat de rivière d’un objectif de confortement à celui d’une reconstruction des 3 Lacs et des différents ouvrages qui leur sont liés.

Les objectifs des travaux qui ont été réalisés entre 2010 et 2011 consistaient d’une part à rebasculer la Durance dans son lit initial afin de rétablir des niveaux du lit et de la nappe alluviale proches de ce qu’ils étaient avant la crue de 2008 et d’autre part à reconstruire les digues des 3 Lacs en les reculant afin d’élargir le lit de la Durance tout en les équipant de déversoirs afin de pouvoir supporter sans rompre des débits extrêmes.

Les travaux se sont élevés à 1,9 M€HT.

Protection contre la capture des plans d’eau des Buissonnades à Oraison

Une partie de la digue de séparation s’était effondrée en novembre 2011 et le reste était gravement menacé par les érosions de la Durance. Afin d’éviter une capture de la Durance par cette ancienne gravière qui aurait été catastrophique sur le plan morphologique repoussant de près de 15 ans un rétablissement du transit des graviers en aval, des travaux de protection ont été réalisés pour un montant de 1,7 M€.

Actions environnementales liées à l’animation Natura 2000

Le SMAVD en tant qu’opérateur, a élaboré, dans le cadre d’une large concertation, le Document d’Objectifs (DOCOB) de la démarche NATURA 2000 et porte aujourd’hui son animation.

La phase d’écriture du document cadre a été l’occasion d’actualiser le diagnostic des études globales préparatoires au Contrat de rivière, concernant le volet « milieux naturels », de préciser et hiérarchiser les actions à mettre en œuvre pour installer une réelle stratégie de préservation de la biodiversité du site Natura 2000 Durance, et de réaliser une concertation avec l’ensemble des usagers, qui a pris la forme de multiples réunions d’échanges entre 2008 et 2011 avec les représentants des associations, des collectivités, les acteurs de la pêche, de la chasse et des usages à l’échelle de l’ensemble du territoire entre Serre-Ponçon et le Rhône.

Une fois le DOCOB validé par le comité de pilotage Natura 2000, le SMAVD a été désigné animateur de la démarche par le Comité de Pilotage. A ce titre, il pilote des actions à mettre en œuvre.

Un premier axe d’intervention identifié comme prioritaire a été de produire des outils de sensibilisation des usagers de la Durance aux enjeux écologiques : divers documents pédagogiques ont ainsi été créés.

En parallèle, des actions expérimentales en partenariat avec les usagers tels que les chasseurs, représentés par le Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC) de la Basse Durance, pour une amélioration des milieux alluviaux duranciens ont été menées : travaux de remise en eau de lônes et de réouverture de milieux humides, accompagné d’un suivi et d’une implication forte des sociétés de chasse.

Par ailleurs, l’Apron du Rhône, espèce menacée et endémique du bassin du Rhône, encore bien présente sur la Durance, fait l’objet dans le Contrat de Rivière d’une action spécifique pour l’étude fonctionnelle de son milieu et de son écologie, ainsi que d’un protocole de suivi des densités de populations sur l’ensemble des tronçons de Durance, Buëch et Verdon où des populations sont connues. Ces études et suivis ont permis de caractériser la dynamique génétique et l’évolution de ces populations.

Enfin, une attention particulière a été portée sur le secteur de la lône des Charpines (La Roque d’Anthéron) qui abrite une population exceptionnelle de Cistudes d’Europe. Une action de caractérisation de cette population, de suivi pluriannuel et de détection d’éventuelles autres populations en Durance a donc été réalisée ainsi que la mise en œuvre d’un plan de gestion destinée à protéger cette espèce (convention avec les propriétaires, travaux , etc).

Lutte contre les espèces invasives

La thématique des espèces invasives a été abordée dans le Contrat de Rivière dans le but de forger une stratégie durancienne. Mais le sujet est complexe et une veille sur l’ensemble des espèces potentiellement invasives ou proliférantes à l’échelle du territoire est impossible. Les espèces animales invasives n’étant que peu caractérisées en Durance, l’attention s’est portée sur les espèces végétales. Il a été dès lors choisi d’expérimenter des actions de limitation de la propagation de la Renouée du Japon qui colonise largement les cours d’eau comme l’Isère, rendant les peuplements totalement homogènes et empêchant la régénération des milieux alluviaux.

Un chantier de lutte contre la Renouée du Japon à la confluence de la Luye et de la Durance a été conduit en 2011, préalablement à d’importants lâchers d’eau prévus par EDF dans le cadre de l’arrêt de file pour la rénovation du Canal de Curbans. Ces lâchers étaient en effet susceptibles d’amplifier la propagation de l’espèce vers l’aval. Ce secteur continue de faire l’objet d’actions de limitation de l’espèce. Par ailleurs les autres foyers duranciens devraient être également traités (retenue de l’Escale, confluence de l’Eze).

Expérimentation pour la modulation des débits réservés

Concernant les obligations d’EDF au titre de la réglementation environnementale, le Contrat de Rivière a permis, grâce aux études et à l’ingénierie mises en œuvre, de proposer des protocoles de déversés dans le cadre de la rehausse des débits réservés au 1er janvier 2014, grâce à une expérimentation dédiée sur le secteur de la concession de Sainte-Tulle, mais aussi aux opérations de suivis scientifiques des lâchers de décolmatage portées par l’Observatoire (C-002h).

La réhabilitation des Gravières du Puy-Sainte-Réparade

Les gravières du Puy-Sainte-Réparade (13), chapelet de plans d’eau contigu au lit de la Durance, constituent un ensemble de zones humides diversifiées et d’une grande biodiversité, en même temps qu’un site remarquable par son paysage, son histoire et ses potentialités en termes de loisirs. Pour autant, les usages qui s’y développent n’étaient pas tous compatibles avec la préservation des milieux et des espèces et le site s’était dégradé notablement depuis plusieurs années.

C’est ainsi que le SMAVD a élaboré un plan de gestion, qui a fédèré les usagers du site autour d’un projet de protection des milieux, de réhabilitation et de réappropriation par eux.

La stratégie de réhabilitation a reposé sur 3 principes fondamentaux :

  • permettre les usages respectueux tout en préservant des zones de tranquillité pour la faune et la flore
  • rendre cette zone accessible à un public familial pour permettre une appropriation locale de ces milieux et de leur biodiversité
  • réduire les accès et transits motorisés tout en favorisant l’accès aux bus scolaires et personnes à mobilité réduite

Parmi les nombreux aménagements réalisés on peut noter la reprise totale des pistes avec limitation du trafic et création de deux zones d’accueil du public ;   la création de sentiers de randonnées ; la mise en place de mobiliers ; la création d’un ponton en bois ; l’installation de palissades d’observation de la faune ; la pose d’un radeau à sternes au milieu d’un des lacs ; la restauration de falaises  à guêpiers d’Europe.

Travaux de restructuration de systèmes de protection contre les crues de la Durance

Entre le début du Contrat de rivière en 2008 et aujourd’hui près de 43 M€HT ont été mobilisés pour restructurer les systèmes de protection contre les crues de la Durance de 17 communes, représentant plusieurs dizaines de kilomètres d’ouvrages. Parmi les secteurs sécurisés on peut noter les Zones d’activité de Manosque, Pertuis et Chateaurenard ainsi que les agglomérations de Cheval Blanc, Cavaillon, Noves, Chateaurenard, Rognonas et Avignon.

Par ailleurs en parallèle de ces travaux des études ont été réalisées sur une quinzaine de communes supplémentaires en vue de définir des programmes de restructuration de leurs systèmes de protection qui seront mis en œuvre au-delà de 2017.

Suivi et gestion des ouvrages en crue

Entre 2008 et 2014 un travail de sensibilisation a été mené par le SMAVD auprès des propriétaires d’ouvrages pour mettre en place des plans de gestion des ouvrages en crue. Par ailleurs, sur 4 communes « pilotes » a été réalisé en collaboration avec les communes ou les EPCI propriétaires d’ouvrages un travail d’élaboration ex nihilo de schémas organisationnels de plans de gestion en crue (SOPGOC).

Elaboration d’atlas cartographiques du risque d’inondation à l’attention des acteurs de la gestion des crues

Le SMAVD a réalisé en interne entre 2008 et 2014 un modèle numérique des écoulements de l’ensemble de la Durance en aval de l’Escale (plus quelques secteurs en amont) via le logiciel TELEMAC 2D.

Ce modèle permet entre autres de réaliser des cartes des risques en crue (zones inondables suivant plusieurs hypothèses de comportement des ouvrages, ponts en charge, routes coupées, etc.) pour plusieurs valeurs de débits.

Cela permet d’élaborer des cartes des risques d’inondation à l’attention des gestionnaires de la crise en crues (Communes, Services de secours, Préfectures, etc.) qui peuvent enfin faire le lien entre un débit annoncé et les conséquences concrètes à en attendre sur le terrain.

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